Un an après l’un des incendies les plus dévastateurs que Marseille ait connu, les sinistrés du quartier de l’Estaque restent persuadés que l’État, et le préfet en particulier, a failli dans la gestion de cette crise.
À Noël dernier, alors qu’elle faisait ses courses au supermarché, Viviane n’a pas pu s’en empêcher. Aux abords de ce centre commercial des quartiers nord, les marins-pompiers de Marseille vendaient leur traditionnel calendrier de fin d’année. Elle s’est approchée d’eux. « Vous en voulez un, Madame ? » « Non, mais je dois vous parler. J’habite l’Estaque et je fais partie des sinistrés . Pourquoi vous n’êtes pas venus ? Nous méritons d’être sécurisés comme les autres. Il ne fallait pas nous laisser tout seuls et envoyer vos camions ! » Le jeune soldat du feu lui aurait répondu d’un air désolé : « Nous avions l’ordre de ne pas bouger. »
Le 8 juillet dernier, un incendie parti de la commune voisine des Pennes-Mirabeau a léché la propriété de Viviane et de son mari Bernard, au bout d’une route tortueuse du quartier de l’Estaque. Le feu a parcouru 750 hectares et causé des dégâts irréversibles. Plus de 90 habitations ont été touchées et l’écrasante majorité d’entre…
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