chaleur écrasante, risques d’orages… Les conditions de jeu auront-elles un impact ?


LA QUESTION DU JOUR – La chaleur sera étouffante ce samedi, à Philadelphie, pour le huitième de finale entre la France et le Paraguay. Le tout avec de possibles coups de tonnerre qui pourraient interrompre la rencontre…

OUI. Comment pourrait-il en être autrement ? Relativement épargnés en termes de fortes chaleurs depuis le début du tournoi, malgré une première semaine très chaude à l’entraînement à Boston, les Bleus vont cuire ce samedi (23h), contre le Paraguay. La canicule frappe le nord-est des États-Unis et on attend des températures d’environ 38 degrés en ce jour de fête nationale étasunienne. Et même jusqu’à 41 ! Pour une fois, la pause fraîcheur aura un vrai intérêt, pas seulement celui de vendre des spots publicitaires…

C’est moins pire que vendredi, toutefois, avec entre 40 et 44 degrés au thermomètre. Mais ce sera plus chaud que lors du mythique France-Brésil de Guadalaraja, à l’occasion de la Coupe du monde 1986. Avec un coup d’envoi à midi au Mexique, Luis Fernandez et ses coéquipiers avaient joué sous 35 degrés à l’époque. Et à près de 1 600 mètres d’altitude. «C’était abominable», se souvient l’ancien capitaine et entraîneur du Paris Saint-Germain.


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La même chose pour les deux équipes

C’est un paramètre qui va peser sur les deux équipes. Difficile de savoir laquelle sera la plus impactée. «La chaleur affectera les deux équipes», convient Gustavo Alfaro, le bavard sélectionneur paraguayen. «On est au courant que la météo sera sûrement compliquée, avec une forte chaleur mais ce sera la même chose pour les deux équipes», abonde Désiré Doué. Et l’attaquant parisien d’ajouter : «Ce sera un avantage ou un désavantage pour les deux équipes. Il faudra faire avec et donner le maximum sur le terrain. Ça coûte forcément de l’énergie, tu transpires plus et peut-être en lucidité. Il faisait chaud quand on est arrivé à Boston, il fera chaud demain. On s’habitue petit à petit. Les deux équipes ressentiront la même chose», assure-t-il encore.

Ce n’est pas idéal pour la santé des joueurs mais on n’a pas choisi.

Didier Deschamps

Pour Didier Deschamps, cette chaleur caniculaire n’aura «pas d’incidence sur le fait d’attaquer ou défendre. On le savait, on a fait ce qu’il fallait via certains protocoles», explique-t-il, relevant, lui aussi, que ce sera un facteur pour «les deux équipes. C’est le cinquième match, les organismes ont été sollicités. Je ne fais pas une fixette sur ça mais c’est un élément et on le savait donc on a mis en place certains protocoles pour limiter cet aspect. (…) La chaleur n’est pas un critère pour faire jouer A plutôt que B. Je peux entendre que certains sont plus habitués s’ils jouent dans le Sud ou dans certains pays… L’hydratation a une importance essentielle. Quels protocoles ? Je ne vais pas rentrer dans le détail. Ce n’est pas idéal pour la santé des joueurs mais on n’a pas choisi. On anticipe. Et pas seulement le jour du match, mais les jours et semaines d’avant, y compris à Clairefontaine», a encore détaillé le sélectionneur.

On rappellera que le Paraguay a joué 120 minutes en 16es de finale, contre l’Allemagne. Si on avait un conseil à donner aux acteurs, ce serait de marquer le plus vite possible. En effet, fournir de gros efforts en fin de partie sera d’autant plus compliqué au vu des conditions de jeu et de cette chaleur étouffante… Reste à savoir quand cette fin de match aura lieu. Effectivement, on n’annonce pas seulement de la chaleur à «Philly». Des orages aussi. En tout cas, Weather National Service (l’équivalent de Météo France) évoque un risque d’orage «principalement à partir de 16 heures», soit une heure avant le coup d’envoi. «Augmentation de la couverture nuageuse et chaleur marquée. Probabilité de précipitations de 30 %», ajoute-t-on encore.

Comme contre l’Irak ?

Vous connaissez la règle, et les Bleus encore mieux : 30 minutes d’arrêt à chaque éclair détecté à 13 km à la ronde. Et le compte à rebours est remis à zéro à chaque nouvel impact de la foudre. C’est pour cette raison que le match France-Irak (3-0) avait été arrêté pendant plus de deux heures. C’était déjà à Philadelphie. Décidément… «De la pluie, des orages. Je n’espère pas après avoir passé deux heures dans le vestiaire», grince Didier Deschamps.

À noter que le règlement ne prévoit pas d’interruption ou de report à cause de la chaleur. La Fifa peut toutefois innover en la matière, ce n’est pas interdit. Ce type d’interruption peut en tout cas relancer une équipe, faire couler l’autre. Au moins, les Bleus ont l’expérience du match de l’Irak.


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L’an dernier, lors de la Coupe du monde des Clubs, Benfica avait trouvé les ressources pour arracher l’égalisation et la prolongation face à Chelsea après une interruption qui est intervenue à la 86e minute. Les Blues, qui menaient 1-0 au moment de l’interruption, avaient eu le dernier mot, mais tout de même. Bref, oui, la chaleur et d’éventuelles interruptions liées aux orages auront un impact sur le jeu. Reste à savoir lequel… La canicule pourrait aussi et surtout peser sur la récupération. Un match disputé sous 38 degrés, ça puise forcément davantage dans les réserves. Heureusement, le vainqueur de ce Paraguay-France aura cinq jours pour préparer son quart. Et en cas de qualification de la France, ce sera «à domicile», à Boston. Pas anodin.



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