Si les températures baissent la semaine prochaine, les organismes météorologiques anticipent la forte probabilité de «nouvelles remontées d’air brûlant du Sahara» à compter du 10 juillet.
La France pourrait-elle de nouveau suffoquer au mois de juillet ? Au micro de France Inter ce mercredi matin, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a évoqué ce dernier scénario, affirmant «qu’il y a de fortes probabilités qu’à partir de la semaine d’après [le 6 juillet], nous revenions à des chaleurs extrêmes […] jusqu’au 14 juillet».
L’ancienne présidente de l’ONG WWF France a confirmé que l’hypothèse d’une nouvelle vague de chaleur au cours de l’été était envisagée, après les deux précédentes déjà vécues en France à la fin du mois de mai et sur la deuxième quinzaine du mois de juin 2026. Un tel scénario est-il vraiment à craindre ?
«Remontées d’air brûlant»
«On attendait, avec les prévisions à long terme, un été particulièrement chaud», établit d’emblée le météorologue Régis Crépet, de La Chaîne Météo. Selon ce dernier, si la semaine prochaine est placée sous le signe d’une baisse — relative — des températures et la fin de la canicule, «nous restons au-dessus des moyennes de saison».
En revanche, à compter du 10 juillet, «il est tout à fait plausible qu’on retrouve de nouvelles remontées d’air brûlant du Sahara vers la France», poursuit le scientifique. Certains modèles météo numériques envisagent la reprise d’une vague de chaleur à partir du 10 juillet avec un nouveau pic autour du fameux 14 juillet. «Une nouvelle goutte froide pourrait s’immiscer au large de la péninsule Ibérique. Dans le même temps, l’anticyclone se replace sur l’Europe occidentale», indiquait un bulletin de prévision de l’organisme météorologique le 19 juin dernier.
Dans le détail, cet anticyclone agit comme un «couvercle d’air dense» qui viendrait bloquer l’air chaud au-dessus de la France. «Cette goutte froide pourrait agir comme une nouvelle pompe à chaleur, avec un flux de sud apportant une masse d’air subsaharienne, et par conséquent des températures en nette hausse», poursuit la Chaîne Météo.
«Spectre de nouvelles canicules»
Et par ailleurs, la chaleur du mois à venir «déjà statistiquement très chaud», couplée à l’assèchement des sols et la baisse de l’évaporation de l’eau, permet d’envisager objectivement le «spectre de nouvelles canicules». «L’engrenage de la chaleur et de la sécheresse des sols, qui s’entraînent l’une l’autre, nous met à la merci de revivre ce qu’on vit déjà actuellement», anticipe encore Régis Crépet.
Se dirige-t-on vers un été entier placé sous le signe d’intenses chaleurs ? «La probabilité d’un mois d’août un peu plus orageux, avec de la pluie qui favoriserait l’évaporation et ferait baisser le mercure, reste envisagée, mais rien n’est certain. Il faudrait que la météo change radicalement, que les flux d’ouest viennent rafraîchir l’atmosphère», envisage le météorologue, qui veut rester prudent. Les températures, elles, devraient un peu baisser pour afficher entre +0,5 et 1,5°C par rapport aux normales, établissait déjà la Chaîne Météo mi-juin. Les précipitations pourraient être excédentaires sous les orages, respectant cependant une disparité régionale. Ces orages restent néanmoins encore difficiles à prévoir pour les météorologistes, tenait à préciser le scientifique dans nos colonnes voici quelques jours.
Mais le passé a déjà montré que les températures pouvaient radicalement changer d’une semaine à l’autre : en 2006, les mois de juin et juillet avaient été marqués par une chaleur écrasante, et le mois d’août avait vu l’arrivée du vent, de la pluie et de la fraîcheur. Il est certain en tout cas que «la multiplication de telles vagues de chaleur nous pend au nez», ponctue Régis Crépet.
*La Chaîne Météo est une propriété du groupe Le Figaro.
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