Dans un contexte apocalyptique, l’équipe de France a balayé l’Irak (3-0) pour se qualifier en 16es de finale de la Coupe du monde.
Un match à ranger dans les livres d’histoire. À jamais dans la mémoire collective. Pas pour son résultat, ni en raison des performances individuelles, ou d’une erreur d’arbitrage, mais à cause … de l’orage et des pluies diluviennes sur la Pennsylvanie lundi. Si la France a fait le travail en dominant l’Irak (3-0) à Philadelphie, validant ainsi sa qualification en 16es de finale de la Coupe du monde, l’ambiance apocalyptique a tout emporté sur son passage. Les 69.000 spectateurs du Lincoln Financial Field, douchés, agacés et finalement enthousiastes avec une ambiance survoltée pour la reprise du match, se souviendront toute leur vie des deux heures et onze minutes d’interruption à la mi-temps en raison d’éclairs repoussant sans cesse le retour des joueurs sur le terrain. Une séquence surréaliste. Lunaire. Et magique.
Dans le déluge, le frisson Mbappé
Dans cette rencontre aux airs de fin du monde, entre éclairs et bourrasques, au point de ne plus voir la Skyline de «Philli», le capitaine des Bleus a tenu son rôle. Il faut dire que quelques heures plus tôt, Lionel Messi, auteur d’un doublé contre l’Autriche avec l’Argentine (2-0), synonyme de ses 17e et 18e buts en Coupe du monde qui fait de lui le meilleur buteur de l’histoire de la compétition, l’avait bien conditionné. Et sans surprise, mais avec talent et virtuosité, Kylian Mbappé a répondu à la légende sud-américaine. Avec fracas. Et caractère. La machine est lancée. Un nouveau doublé après celui du Sénégal (3-1) mardi et une impression de légèreté, de vélocité et de virtuosité qui incite au plus grand rêve, si le temps nous laisse tranquille cet été en Amérique. D’une frappe foudroyante du gauche, flashé à 119 km/h, il lance l’équipe de France (1-0, 14e). Un vrai bijou pour sa centième en équipe de France. Après l’apocalypse, il est dans tous les bons coups, se permet même un repli défensif étonnant (53e) et profite d’une erreur grotesque du gardien irakien pour porter son compteur à 16 buts en Coupe du monde (2-0, 54e), après un service d’Ousmane Dembélé.
Olise régale, Dembélé sourit… Les Bleus déroulent
Dans cette rencontre au contexte improbable, l’équipe de France a gardé l’esprit clair face à un adversaire joueur mais limité, et surtout douché par le talent de l’armada tricolore. Quand le quatuor Barcola-Olise-Dembélé-Mbappé a pris les choses en main en seconde période, rien n’a pu leur résister. Surtout pas la défense de la 55e nation Fifa. Un vrai rouleau compresseur. Sur une action délicieuse initiée par Mbappé, Olise touche la transversale (58e). Un délice. Dans la foulée, Rabiot est tout proche d’inscrire le troisième but (59e) après une nouvelle démonstration. Avant que Dembélé, servi par Olise (deux passes décisives à son compteur), ne marque pour la première fois dans un Mondial (3-0, 66e). Un but qui fera du bien au Ballon d’Or, aligné côté droit, mais tourné vers le collectif et revigoré par les trombes d’eau au retour du vestiaire.
Record pour Deschamps et première place à valider
Une fois le score acquis, avec un trio Olise-Mbappé-Dembélé qui a laissé entrevoir des étincelles, Didier Deschamps – qui est devenu lundi le sélectionneur ayant remporté le plus de matches en Coupe du monde (17) – en a profité pour effectuer une large revue d’effectif (Cherki, Doué, Gusto, Akliouche et Thuram entrés en jeu), manière pour lui de préparer déjà le choc face à la Norvège vendredi. L’arrêt interminable aura finalement peu contrarié l’équipe de France, qualifiée pour les 16es de finale et déjà tournée vers la suite. Sa quête de sommet est enclenchée. L’Irak n’a été, comme prévu, qu’une formalité. Kylian Mbappé et sa bande prennent date. Chaleur et pelouse indigne à New York ou pluie torrentielle à Philadelphie, il en faudra plus pour arrêter les Bleus. Erling Haaland et les Vikings sont prévenus.
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