Les jours s’étirent, l’année scolaire va vers ses derniers jours, les vacances arrivent. À ces réjouissances, s’ajoutent de nombreux rendez-vous artistiques gratuits : à Paris, on sortira danser en suivant le rythme de la Nuit blanche le samedi 6 juin, tandis qu’à Toulouse, c’est la comédienne Rossy de Palma qui donne le la du Nouveau Printemps tout au long du mois.
À Fontainebleau, le festival de l’Histoire de l’art transforme du 5 au 7 le château en vivier de découvertes et de savoirs, tandis que le festival Anticipation revient à la Gaîté Lyrique pour une édition plus engagée que jamais dans la défense du vivant du 18 au 21. Et côté expos gratuites ? Du nord au sud, de la capitale jusqu’au Pays basque, suivez le guide !
À la Bibliothèque historique de Paris, une plongée dans la ville d’il y a un demi-siècle

Raymond Pages, Mariés de la Tour Eiffel, 1970
Ils ont été 2 800 à se prêter au jeu. En 1970, un grand concours est lancé par la Ville de Paris et la Fnac : photographier la capitale, divisée en micro-quartiers de 250 mètres par 250. L’ambition ? Documenter l’intégralité de la ville. 100 000 images (30 000 diapositives couleur et 70 000 tirages noir et blanc) ont été récoltées en quelques semaines, et récemment numérisées par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Jusqu’au 7 octobre prochain, celle-ci nous invite à nous plonger dans cette vaste collection le temps d’une petite exposition gratuite. On y voit une sélection de photographies sur panneaux dans sa cour et quelques tirages en vitrines, mais surtout on peut y consulter toutes les photographies numérisées, quartier par quartier, et se perdre dans le Paris d’antan. Le succès est au rendez-vous : le jour de notre visite, un public nombreux et enthousiaste s’y pressait, certains se souvenant même d’avoir participé au concours et recherchant leurs images !
C’était Paris en 1970
Du 1 juin 2026 au 7 octobre 2026
Bibliothèque historique de la Ville de Paris • 24 Rue Pavée • 75004 Paris
www.paris.fr
Au Centre d’art contemporain d’Anglet, la gourmandise d’un marché

Wei Libo, Pure goodness (Mandarin orange n°02), 2022
© Courtesy of the artist and Sans titre, Paris / photo :Ye Yi.
L’idée est aussi amusante que stimulante : sous le commissariat d’Anne-Laure Lestage, le Centre d’art contemporain d’Anglet réunit 18 artistes dont les œuvres résonnent avec l’atmosphère d’un marché. On y voit des évocations de fruits et légumes, bien sûr, comme un vase rappelant un ananas signé Troy Town, une nature morte de fruits signée Miriam Cahn ou encore un poireau soigneusement emballé dans une cagette « Hauser & Wirth » – du nom de l’une des plus puissantes galeries du monde – par Manuel Wroblewski. Mais aussi, et c’est peut-être l’œuvre la plus imaginative du parcours, une petite librairie sculptée par la géniale artiste japonaise Takako Saito, sorte de devanture parée d’éditions d’artistes et de 28 jeux, sculptures ludiques d’une délicatesse de petite souris. « Si le titre d’exposition ‘Tutti Frutti’ définit l’idée d’un méli-mélo de formes, de goûts, de matériaux, précise la commissaire, le fond envisage l’art en denrée vitale où seules subsistent les forces essentielles. À l’image du jardinier qui laboure, plante, récolte, s’y joint la figure de l’artiste qui pense, dessine, fabrique, cherchant communément des moyens de nous nourrir. »
Du 13 juin 2026 au 19 septembre 2026
Centre d’art contemporain d’Anglet • 2 Rue Albert le Barillier • 64600 Anglet
centredart.anglet.fr
Dans le Maine-et-Loire, de grands artistes ouvrent les portes de leur atelier

Jean Marie del Moral, Pierre Alechinky dans son atelier, 1997
Il est entré dans les ateliers de Joan Mitchell, Miquel Barceló, Damien Hirst, Alex Katz, Marina Abramović, Robert Motherwell, Esther Ferrer, Zao Wou-Ki, Gérard Garouste. Il a photographié leurs désordres, leurs bibliothèques, leurs travaux en cours. Il les a fait poser au milieu des œuvres, a fait des gros plans sur leur visage, les a laissés le regarder dans les yeux ou rester plongés dans leurs pensées, lui faire une grimace ou rester naturels. Photographe bien connu, Jean-Marie del Moral (né en 1952) est à l’honneur au Centre d’art contemporain Bouvet-Ladubay de Saumur, lequel réunit 100 portraits de 56 artistes. Et retrace la carrière extraordinaire du Franco-Espagnol, qui a su à l’âge de neuf ans seulement qu’il deviendrait photographe, contaminé par la passion d’un instituteur. Quel destin !
Jean-Marie del Moral. Ateliers et portraits d’artistes
Du 30 mai 2026 au 1 novembre 2026
Centre d’art contemporain Bouvet-Ladubay • 49400
www.bouvet-ladubay.fr
À Dreux, une toute nouvelle biennale d’art investit la ville entière

Shigeko Hirakawa à la Biennale PANORAMA
Cap sur l’Eure-et-Loir ! À Dreux, une toute nouvelle biennale traverse le printemps et l’été, coconçue par le centre d’art contemporain de la ville, L’ar[T]senal, le musée d’Art et d’Histoire et l’atelier de vitrail Camade. Onze lieux s’associent pour l’événement et proposent expositions, ateliers et animations pour petits et grands, souvent gratuits, autour des liens entre la création contemporaine et les métiers d’art. À L’ar[T]senal par exemple, « Laboratoire de création » met en lumière une petite vingtaine d’artistes, artisans et designers (Pascal Convert, Monique Frydman, Maison Hurel), qui travaillent avec des matériaux tels que le verre, le bois ou l’albâtre, en association avec des savoir-faire variés. À voir également au fil du parcours : les installations colorées et lumineuses de Shigeko Hirakawa dans le beffroi, les très belles sculptures de verre de Julie Legrand à l’église Saint-Pierre, l’atelier réinventé d’Antoine Janot au prieuré Saint-Thibault…
Du 6 mai au 1er novembre 2026
Plus d’informations sur le site de la ville de Dreux
Au musée de Grenoble, les voyages photographiques de Bernard Descamps

Bernard Descamps, Madagascar Sarondrano
L’été est plus que généreux au musée de Grenoble ! L’institution propose en effet trois expositions gratuites simultanément. L’une est consacrée à l’artiste oublié des avant-gardes Léon Tutundjian (1905–1968), la deuxième aux fascinantes photographies de montagnes réalisées par l’architecte Charlotte Perriand (1903–1999) entre 1927 et 1938, suite à un don des Archives Charlotte Perriand au musée de Grenoble. La troisième est née elle aussi d’un don : celui de Bernard Descamps (né en 1947), photographe voyageur, qui pratique le format carré depuis plus de 30 ans et parcourt le monde en quête d’images touchées par la grâce, tels ces paysages japonais, chinois ou norvégiens où s’inscrivent des humains en connexion intime avec la nature. Une exposition parfaite pour annoncer le dépaysement de l’été, que l’on choisisse de partir ou bien de s’évader par la fenêtre ouverte de l’art.
Bernard Descamps. Là où souffle le vent
Du 4 avril 2026 au 23 août 2026
Musée de Grenoble • 5 Place de Lavalette • 38000 Grenoble
www.museedegrenoble.fr
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