Un ancien eurodéputé FN veut organiser un sommet de la «remigration» à Paris cet automne


Jean-Yves Le Gallou prône l’expulsion massive d’étrangers «clandestins», «délinquants», chômeurs ou encore «non assimilés», au nom de la préservation de l’identité nationale. Corollaire du «grand remplacement», la théorie infuse dans certains partis européens nationalistes.

Il est l’un des théoriciens de la «remigration» en Europe et souhaite pouvoir en débattre en France, jugeant qu’il s’agit de la «question centrale» de la prochaine présidentielle. Jean-Yves Le Gallou, énarque, ancien eurodéputé du Front national (renommé depuis Rassemblement national) de 1994 à 1999, a annoncé ce samedi 30 mai depuis Porto son intention d’organiser un sommet sur la «remigration» à Paris le 31 octobre prochain. Un an après le premier Remigration Summit de Milan en mai 2025, Jean-Yves Le Gallou se trouvait au Portugal pour l’édition 2026 de ce colloque organisé par plusieurs mouvements européens d’extrême droite.

Défendu par les mouvances identitaires et nationalistes radicales, le concept de «remigration» prône l’expulsion massive d’étrangers au nom de la préservation de l’identité nationale et culturelle. Il est issu de la même matrice idéologique que la théorie du «grand remplacement» et a acquis une certaine visibilité au cours de l’année 2025, popularisé sur les réseaux sociaux par l’administration Trump et par Elon Musk. Au point de séduire plusieurs partis politiques européens dont l’AfD en Allemagne, Vox en Espagne, Chega au Portugal ou Vlaams Belang aux Pays-Bas.


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Lors de son discours à Milan en mai 2025, Jean-Yves Le Gallou avait dévoilé les grandes lignes de son projet de «remigration». Il consiste à expulser «d’abord les clandestins et les délinquants», puis «ceux qui ne vivent que d’aides sociales et d’allocations», et enfin les «non-Européens présents depuis deux ou trois générations sur notre sol» mais qui «ne sont pas assimilés» et «développent une attitude hostile au pays qui les a accueillis». Samedi, l’ancien cadre du Front national s’est concentré lors de son discours sur ce qu’il estime être le «rôle paralysant du pouvoir judiciaire», qui chercherait à «dissuader hommes politiques et fonctionnaires de tenter de réguler l’immigration».

Activistes, influenceurs et responsables politiques

Joint par Le Figaro, Jean-Yves Le Gallou explique que le colloque de Paris sera organisé par Polémia, son laboratoire d’idées identitaires, en partenariat avec les organisateurs du Remigration Summit, dont l’Autrichien Martin Sellner et la Néerlandaise Eva Vlaardingerbroek, tous deux militants d’extrême droite. Ce ne sera toutefois pas un Remigration Summit comme ceux de Porto et Milan, mais une «manifestation française» avec des intervenants français et internationaux. Présente à Porto, Louise Garnier, du syndicat étudiant nationaliste la Cocarde et ex-responsable de l’Uni à Sciences Po Paris, sera de la partie.

«J’ai déjà réfléchi à un certain nombre d’invités, mais il est trop tôt pour donner des noms», assure Jean-Yves Le Gallou à propos du casting. Il évoque des «activistes», des «influenceurs», mais aussi des responsables politiques de différents pays européens, notamment des élus au Parlement européen, ou des députés nationaux et locaux. L’ancien inspecteur général de l’administration assume vouloir convier «tous les candidats» à la future élection présidentielle. «Ils sont tous les bienvenus, y compris ceux qui s’opposent à la remigration. L’idée est quand même d’avoir un débat. On essaiera d’aborder sa faisabilité, et de réfuter les arguments qui la critiquent, la prétendent inopportune, voire impossible.»

Il serait curieux que M. Nuñez soit tenté d’interdire cette manifestation après avoir laissé Paris ravagée par la racaille.

Jean-Yves Le Gallou

Il est «trop tôt», aussi, pour donner le lieu précis où se tiendra l’événement. «Ce serait imprudent de désigner une cible à cinq mois de l’événement», souligne Jean-Yves Le Gallou. En 2025, à Milan, des manifestations d’opposition avaient été organisées en amont du sommet par des partis politiques de centre gauche et des groupes d’étudiants. Plusieurs figures identitaires qui comptaient se rendre dans la capitale lombarde avaient été arrêtées et expulsées par les autorités italiennes.

Contacté au sujet de l’organisation de ce sommet de la «remigration» à Paris fin octobre, le ministère de l’Intérieur n’est pas encore revenu vers Le Figaro au moment de la publication de cet article. «Ce n’est pas une manifestation sur la voie publique, mais une réunion dans une salle. Le principe, c’est la liberté absolue», jure Jean-Yves Le Gallou. «Il serait curieux que M. Nuñez soit tenté d’interdire cette manifestation après avoir laissé Paris ravagée par la racaille.» Plusieurs responsables politiques étrangers ont appelé à la «remigration» en réaction aux débordements survenus à Paris et ailleurs en France après la finale de la Ligue des champions entre le PSG et Arsenal. C’est aussi le cas, en France, d’Éric Zemmour, dont Jean-Yves Le Gallou avait soutenu la campagne pour la présidentielle en 2022.


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À noter que contrairement à Reconquête!, le Rassemblement national, ancien parti de Le Gallou, ne s’est jamais emparé de la notion de «remigration». Marine Le Pen avait exprimé son profond désaccord avec ce concept, le qualifiant de «totalement antirépublicain» et «profondément injuste» sur BFMTV en mars 2022, lors de la campagne présidentielle.



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