À Berlin, 5 galeries d’art à ne surtout pas manquer


On la connaît avant tout pour ses clubs prisés et ses fêtes à rallonge. Moins pour ses lieux d’art… Pourtant, Berlin n’en manque pas. Élue résidence de choix par de nombreux artistes internationaux, tels que Tacita Dean et Julian Charrière, la capitale allemande regorge d’adresses, des plus connues aux plus underground.

Au centre de la ville, l’île aux Musées permet de faire en quelques heures un grand écart entre l’Antiquité (on ne ratera pas l’impressionnante frise du Pergamon Museum et le majestueux buste de Néfertiti au Neues Museum) et le romantisme (pour les âmes sensibles, gare aux chefs-d’œuvre de Caspar David Friedrich à la Alte Nationalgalerie). À l’ouest, la Neue Nationalgalerie, conçue à la fin des années 1960 par Ludwig Mies van der Rohe et restaurée post-Covid par David Chipperfield, continue la traversée dans le temps avec une importante collection d’œuvres du XXe siècle.

Au nord, l’ancienne gare du Hamburger Bahnhof, transformée après la chute du mur en musée d’art contemporain, offre tout au long de l’année un voyage express dans l’art du présent. À quelques encablures, la (véritable) gare centrale a récemment repris le service de la ligne de train de nuit entre Paris et Berlin.

Une raison de plus de faire un petit ou grand tour de la capitale voisine, où l’ultra-contemporain se découvre dans les galeries essaimées à travers la ville. Contrairement à une visite au mythique Berghain, où touristes et locaux font chaque week-end la queue pendant des heures dans l’espoir d’être accepté par le videur, l’entrée y est non seulement gratuite, mais garantie !

1. Konrad Fischer, le maxi-palais de l’art minimal

La façade de la galerie Konrad Fischer

La façade de la galerie Konrad Fischer

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Depuis 60 ans, l’historique galerie allemande Konrad Fischer, fondée à Düsseldorf en 1967 par le couple d’artistes Dorothee et Konrad Fischer, défend les grands noms de l’art minimal et de l’arte povera. Qui ne l’ont pas toujours été : à leur entrée sur scène, des artistes comme Sol LeWitt, Bruce Nauman, On Kawara, Mario Merz, Lawrence Weiner ou Richard Long ont d’abord été bien incompris.

C’est entre autres grâce au couple Fischer qu’ils ont petit à petit percé. En 2018, la galerie a trouvé dans une ancienne centrale électrique de Berlin un second écrin de taille. Le bâtiment en briques, construit en 1928 et classé monument historique, ne manque pas de cachet : avec son impressionnante hauteur sous plafond et ses mémorables vitres en longueur, il est un terrain de jeu idéal pour les artistes de la galerie.

« Tous rêvent d’y exposer ! », confie Berta Fischer. La fille de Dorothee et Konrad Fischer, elle-même artiste, a repris en 2015 le flambeau de la galerie, dont s’est emparé Daniel Buren, à l’occasion du Gallery Weekend Berlin début mai. Son installation in situ, haute en couleur, est à voir jusqu’en août 2026.

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Konrad Fischer Galerie

2. Sprüth Magers, l’art contemporain au féminin

Exposition à la galerie Sprüth Magers

Exposition à la galerie Sprüth Magers

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À l’instar des artistes, les galeristes reconnus par le monde de l’art ont longtemps été quasi exclusivement des hommes. En 1983, alors que le marché est encore largement mené à bras de fer par ces derniers, la jeune Allemande Monika Sprüth ouvre une galerie à Cologne. Quelques années plus tard, Philomene Magers reprend, quant à elle, la galerie fondée par sa mère. Les deux amies de longue date défendent d’abord indépendamment les talents féminins de leur génération, avant de joindre leurs forces en 1998.

Depuis, le duo représente autant de grandes artistes femmes, comme Jenny Holzer, Cindy Sherman, Sylvie Fleury, Nancy Holt et Anne Imhof, que leurs homologues masculins, tels que Gilbert & George, Frank Stella, Stephen Shore, Cyprien Gaillard, ou encore la star de la photographie allemande, Thomas Demand, qui expose à la galerie jusqu’en août sa toute première série de photos imprimées sur cuivre.

3. Dittrich & Schlechtriem, les enfants terribles de l’art

La galerie Dittrich & Schlechtriem lors « Galerie Weekend Berlin »

La galerie Dittrich & Schlechtriem lors « Galerie Weekend Berlin »

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Courtesy Dittrich & Schlechtriem

Tel père, tel fils, telle mère, telle fille… Et tel artiste, tel galeriste ! Fondée en 2011 par deux amis, Lars Dittrich et André Schlechtriem, la galerie Dittrich & Schlechtriem a très vite donné le ton : son premier espace au nord-ouest de Berlin a été inauguré par un solo show de Julian Charrière. Le Franco-Suisse, installé à Berlin, fait alors partie des enfants terribles de l’art contemporain… qui ont vite grandi. Désormais exposé à travers le monde, l’artiste s’est fait en une dizaine d’années un nom, tout comme la galerie.

Début janvier 2026, celle-ci a déménagé au numéro 40 de la Linienstraße, où les galeries se visitent en enfilade – on jette volontiers un œil aux voisines Neu, Smac, Neugerriemschneider et Martin Mertens. Au programme du nouvel espace : encore plus d’art qui casse les codes. Lors du Gallery Weekend Berlin, le jeune Allemand Monty Richthofen a ainsi pris ses quartiers aux quatre coins de la ville, où ses camions tagués de slogans et de poèmes ont brillamment sorti l’art au grand air.

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Dittrich & Schlechtriem gallery

4. König Galerie, le sacrement de l’art

Exposition « MON PÈRE » de Bosco Sodi à la König Gallery

Exposition « MON PÈRE » de Bosco Sodi à la König Gallery

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C’est dans une ancienne église brutaliste du quartier de Kreuzberg que Johann König, actif depuis 2002, s’est installé en 2015. Dans ce lieu qui ne manque pas d’esprit, le galeriste, fils du célèbre curateur allemand Kasper König et neveu du fameux éditeur-libraire de livres d’art Walther König, expose des artistes de renom comme Erwin Wurm, Joana Vasconcelos, Alicja Kwade, Chiharu Shiota ou encore Tatiana Trouvé.

À dix minutes de marche de la galerie, le pèlerinage artistique se poursuit dans la grande librairie d’art Walther König, où les beaux livres sont étalés sur les tables et exposés sur les étagères en bois telles de véritables œuvres… que l’on peut s’offrir sans (trop) casser la tirelire !

5. ChertLüdde, l’art se livre

« K60 » à la galerie ChertLüdde

« K60 » à la galerie ChertLüdde

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Cap au sud ! Dans le quartier de Schöneberg, la dynamique galerie ChertLüdde accueille chaleureusement les collectionneurs au grand budget… mais pas que. Pour les premiers, les expositions d’artistes talentueux représentés par la galerie, tels que le Kosovar Petrit Halilaj et la Marseillaise Pauline Curnier Jardin, tous deux basés à Berlin, ont de quoi satisfaire les attentes. Pour les seconds, la librairie à l’entrée de la galerie, assortie de livres d’artistes en éditions limitées et des dernières parutions internationales de catalogues et d’essais sur l’art en tout genre, fait facilement craquer.





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