À Venise, 6 musées absolument incontournables


À Venise, inutile de sortir son GPS : marcher simplement dans les rues au hasard, et vous tomberez forcément, au bout d’une à deux minutes, sur une exposition, un palais, un musée, une fondation privée, une église, une galerie. En période de biennale, la ville est également parsemée de pavillons hors-les-murs, qui s’ajoutent à ceux des Giardini et de l’Arsenale.

Systématiquement gratuits, ceux-ci ne sauraient faire oublier que le marathon des musées vénitiens a un prix, et plutôt élevé. Heureusement, il existe différents pass, comme le Venice Museum Pass à 59 euros (il comprend tous les musées de la place Saint-Marc, mais aussi la Ca’ Rezzonico, la maison de Carlo Goldoni, la Ca’ Pesaro…) ou le Venice City Pass à 119 euros (palais des Doges, musée Correr, musée archéologique, mais aussi des excursions). En route !

Le plus incontournable : le palais des Doges (Palazzo Ducale)

Vue intérieure du Palais des Doges, Venise

Vue intérieure du Palais des Doges, Venise

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Pour commencer, rendez-vous place Saint-Marc, au milieu des pigeons et des grappes de touristes. Parmi les monuments qui ornent et bordent le cœur de la vie vénitienne, à deux pas donc de la basilique Saint-Marc, du musée Correr et de la tour de l’Horloge, le Palazzo Ducale est l’ancienne résidence officielle des doges de la république de Venise, décorée de fresques d’immenses génies comme Titien, Véronèse et Tintoret. La visite passe par le fameux pont des Soupirs, lequel mène aux anciennes prisons de la ville et laisse entrevoir la dernière vue de Venise qu’attrapaient les condamnés (et quelle vue !).

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Palais des Doges – Venise

Toute l’histoire de l’art vénitien : la Gallerie dell’Accademia

Vue intérieure de la Galleria dell’Academia de Venise

Vue intérieure de la Galleria dell’Academia de Venise

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Si elle accueille en ce moment la très courue et spectaculaire exposition de la performeuse Marina Abramović (la première artiste femme vivante à être honorée entre ces murs, il était temps !), la Gallerie dell’Accademia se visite à toutes périodes de l’année pour son exceptionnelle collection d’art vénitien, la plus importante au monde. Avec des œuvres de Giovanni Bellini (inoubliable Vierge à l’Enfant entre sainte Catherine et sainte Madeleine, vers 1490), Giorgione (La Tempête, 1506–1508), Titien, Lorenzo Lotto, Antonio Canova et Antonio Canaletto, paysagiste incontournable de la ville, la succession des chefs-d’œuvre donne le tournis et s’admire avec ferveur.

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Gallerie dell’Accademia

Dans l’intimité d’une collectionneuse : la collection Peggy-Guggenheim

Vue intérieure de la Collection Peggy Guggenheim à Venise

Vue intérieure de la Collection Peggy Guggenheim à Venise

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© photo : Matteo de Fina

À quelques minutes à pied de la Gallerie dell’Accademia, se visite l’ancienne demeure de la collectionneuse Peggy Guggenheim (1898–1979). Une grande exposition temporaire (en ce moment dédiée à sa période londonienne) et un parcours permanent des œuvres de ses réserves se découvrent dans un palais édifié au XVIIe siècle, mais inachevé – d’où sa petite taille, du moins pour un palais vénitien. L’héritière Guggenheim y a passé les 30 dernières années de sa vie, tout en ouvrant ses portes au public trois après-midi par semaine. On vient y contempler de grands noms de l’art moderneRené Magritte, Vassily Kandinsky, Pablo Picasso, Paul Klee, Jackson Pollock –, et visiter le cimetière de ses chiens, auprès desquels elle est elle-même enterrée.

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Collection Peggy Guggenheim

L’incontournable Pinault : le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana

Vue aérienne de la Punta della Dogana et de l’église Santa Maria della Salute au lever du soleil, Venise

Vue aérienne de la Punta della Dogana et de l’église Santa Maria della Salute au lever du soleil, Venise

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© Photo Jon Arnold Images/ hemis.fr

Bien avant d’investir la Bourse de Commerce à Paris, la collection Pinault s’emparait de deux lieux à Venise : le Palazzo Grassi, en 2006, puis la Punta della Dogana, en 2009. Spectaculaires, immenses, bordant le Grand Canal, tous deux ont été entièrement restaurés et adaptés par l’architecte japonais Tadao Andō. Comme à Paris, aucun espace n’est réservé à une exposition permanente de la collection ; de grandes expositions temporaires, thématiques ou monographiques, et souvent remarquables, investissent entièrement les lieux. Il y a quelques années, l’autrice Leïla Slimani a passé une nuit à la Punta della Dogana, et en a tiré un court mais magnifique livre introspectif, Le Parfum des fleurs la nuit (Stock, 2021). À lire avant ou après votre visite.

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Palazzo Grassi – Venise

Le palais hors norme d’un artiste couteau suisse : le Palazzo Fortuny

Vue intérieure du musée Fortuny à Venise

Vue intérieure du musée Fortuny à Venise

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Difficile de résumer Venise en six musées… Il a fallu faire des choix, rationnels certes mais aussi émotionnels, et le Palazzo Fortuny fait partie de ceux-ci. Car si on aurait pu citer la collection d’art moderne de la Ca’ Pesaro, les sublimes objets en verre du Museo del Vetro ou encore les chefs-d’œuvre de la Renaissance de la Ca’ d’Oro, ce palais du XVe siècle acquis à la fin du XIXe siècle par Mariano Fortuny (1871–1949) mérite un long détour. Sans façade sur le Grand Canal (c’est sa particularité), le palais a vu conserver comme dans du formol les meubles, objets et créations de cet artiste complet, à la fois peintre, couturier, photographe, architecte, créateur de motifs de tissus, graveur… Lequel a confié l’ensemble de son œuvre et de ses possessions à la Ville de Venise, qui en prend depuis grand soin. Fascinant !

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Palazzo Fortuny – Venise

Ouvert tous les jours de 10h à 18h

Tout le génie de Carlo Scarpa en un jardin : la fondation Querini Stampalia

Vue intérieure de la fondation Querini Stampalia à Venise

Vue intérieure de la fondation Querini Stampalia à Venise

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Autre choix de cœur, cette fondation nichée dans un palais du XVIe siècle n’est pourtant pas évidente à repérer depuis la place Santa Maria Formosa. Un petit pont nous mène à l’antre de la très ancienne et puissante famille Querini, propriétaire d’une île dans les Cyclades nommée Stampalia. C’est le dernier descendant de la famille, Giovanni Querini Stampalia, qui décide en 1869 de léguer à l’État ce palais entièrement meublé, ses livres et sa collection d’œuvres d’art (Bellini, Pietro Longhi, Lorenzo di Credi…), à condition que le lieu et surtout sa bibliothèque (de 400 000 ouvrages aujourd’hui !) restent ouverts aux chercheurs. Mais si l’on apprécie tant cette fondation, c’est surtout pour son rez-de-chaussée et son jardin, entièrement repensés par l’architecte vénitien Carlo Scarpa (1906–1978), qui en a fait un poème de volumes et de matières d’une finesse et d’une inventivité absolues. Fans de Scarpa ? Ne manquez pas l’ancienne boutique Olivetti sur la place Saint-Marc, l’entrée de l’Institut d’architecture ou encore le petit jardin de sculptures collé au bâtiment principal des Giardini.

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Fondazione Querini Stampalia





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