« Pour capturer les émotions avec mon piano, j’ai besoin de temps et d’être à l’écoute. Mon processus créatif s’inspire d’une forme de cinéma contemplatif, qui laisse place aux silences et aux non-dits. C’est ce que j’admire chez des réalisateurs comme Takeshi Kitano ou Wong Kar-wai.
J’ai vu Hana-bi de Kitano lorsque j’ai composé Movie. Il y a véritablement eu un avant et un après, notamment dans ma compréhension du silence dans l’amour. Les personnages s’aiment de manière loyale et dévouée, y compris lorsqu’ils n’arrivent pas à communiquer. J’ai trouvé cela tellement beau… Ce film m’a aidé à terminer l’album, à un moment où certains morceaux restaient encore en suspens.

Extrait du film « Hana-bi » de Takeshi Kitano, 1997
« J’aime décortiquer la démarche des autres artistes. »
Le titre « Cinema », que j’ai fait avec FKJ, est selon moi un morceau impressionniste. En peinture, c’est ce courant qui me touche le plus. J’aime décortiquer la démarche des autres artistes, comme lorsqu’un peintre se met à contempler la nature puis tente de la saisir avec son pinceau, que ce soit de manière très réaliste ou, au contraire, plus suggestive. J’ai exactement la même approche, mais j’emploie un autre médium : le piano.
La lumière du musée Rodin
Avec mon piano, je sculpte la matière sonore. Peut-être même qu’un jour je créerai des morceaux à partir de sculptures ! Je pense que la musique a le pouvoir d’animer ces œuvres qui sont, par essence, immobiles.
En tant que pianiste, je suis fasciné par les mains sculptées par Auguste Rodin et Camille Claudel. Lorsque je suis à Paris, j’adore visiter le musée Rodin. Il faut s’y rendre lorsqu’il fait beau, car la lumière est très importante pour apprécier les œuvres.
« J’aime quand l’art entre en symbiose avec la nature »
Au Liban, le sculpteur Anachar Basbous a créé un musée à ciel ouvert. Les rayons du soleil y mettent ses œuvres en valeur au fil de la journée. Ces mêmes sculptures racontent quelque chose de différent selon l’heure et la lumière.

Vue du musée à ciel ouvert du sculpteur Anachar Basbous à Rachana, Liban
Je trouve cela extraordinaire. J’ai d’ailleurs du mal à ressentir la vibration d’une œuvre lorsqu’elle est enfermée entre quatre murs. J’aime quand l’art entre en symbiose avec la nature. Cela fait véritablement écho à ma manière de percevoir le monde. »
Album de Sofiane Pamart
2026, 88 Touches, [PIAS]
Concert au Stade de France le 17 avril 2027
Plus d’informations sur le site de Sofiane Pamart
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