Malgré l’interdiction confirmée vendredi par le Conseil d’État, plusieurs rassemblements illégaux ont été organisés samedi.
Quarante-six personnes ont été placées en garde à vue samedi à Paris, en marge d’une manifestation interdite d’un groupe d’ultradroite et de sa contre-manifestation antifasciste, également interdite, a appris l’AFP auprès de la préfecture de police de Paris. Selon un nouveau bilan établi à 19 heures, les forces de l’ordre ont procédé à 97 interpellations, dont quarante-six gardes à vue, de militants d’ultradroite comme d’ultragauche, dans différents secteurs de la capitale, à République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse.
Ils ont été placés en garde à vue pour participation à un groupement en vue de commettre des violences/dégradations, violences volontaires en réunion et port d’armes prohibées, a ajouté la préfecture de police (PP). Par ailleurs, 182 personnes ont été verbalisées pour non-respect d’un arrêté d’interdiction, a précisé la PP, ajoutant que les forces de l’ordre restaient vigilantes pour «prévenir tout trouble à l’ordre public» et «éviter d’éventuelles confrontations entre militants antagonistes».
«Pas de nazis dans Paris»
Une manifestation, à l’appel du Comité du 9 Mai, un groupe classé à l’ultradroite, a été initialement interdite par la préfecture de police de Paris, ainsi que sa contre-manifestation antifasciste, intitulée «Pas de nazis dans Paris», également programmée samedi après-midi. Saisis par le Comité du 9 Mai, le tribunal administratif de Paris puis le Conseil d’État ont confirmé l’interdiction, en raison du risque de trouble à l’ordre public que la manifestation pouvait engendrer. Dans ses arguments, la préfecture de police avait invoqué la mort du militant nationaliste radical Quentin Deranque à Lyon, en février, et souligné que, en 2025, plusieurs saluts nazis avaient été observés dans le cortège du Comité du 9 Mai.
«Si les manifestants doivent pouvoir se rassembler en toute sécurité, les arrêtés d’interdiction doivent être respectés et les confrontations entre militants d’ultradroite et d’ultragauche ne sauraient être tolérées», a expliqué la PP à l’AFP. Dès le milieu de journée, neuf personnes avaient déjà été placées en garde à vue pour «participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations» (port de gants coqués, matraques télescopiques, couteaux…), avait indiqué la préfecture de police de Paris à l’AFP.
«Ça m’inquiète pour la liberté de manifester dans ce pays»
Selon une source policière, ces neuf premières gardes à vue concernaient des militants d’ultradroite. Les militants du Comité du 9 Mai ne se sont finalement pas réunis au pied de la statue de Jeanne d’Arc place des Pyramides à Paris, comme ils l’avaient annoncé à leurs soutiens, un rassemblement des partisans de Florian Philippot s’y tenant déjà. «Si jamais il y a des débordements, la seule faute, elle incombe à la préfecture», a déclaré un des porte-parole du Comité du 9 Mai, Raphaël Ayma, également chef de file d’un groupe néofasciste du sud de la France, lors d’une conférence de presse improvisée devant le ministère de la Justice. «Ça m’inquiète pour la liberté de manifester dans ce pays», a-t-il ajouté.
Le Comité du 9 Mai est un groupuscule identitaire créé en 1994 pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, un militant nationaliste de 22 ans tombé d’un immeuble lors d’une manifestation interdite à Paris. Fondé à l’initiative de formations comme le GUD, le Front national de la jeunesse et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, ce collectif réunit chaque année, autour du 9 mai, diverses mouvances nationalistes, néofascistes et radicales pour un défilé dans la capitale. Ces dernières années, les autorités ont multiplié les interdictions en raison des risques de troubles à l’ordre public, de provocations et de la présence d’éléments ouvertement néonazis.
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