Le ministre de l’Intérieur s’est rendu ce dimanche dans le Cher, où une immense free party se déroule depuis trois jours sur un terrain militaire. Il a dénoncé le «très lourd préjudice» pour les agriculteurs et riverains.
Au troisième jour de la free party géante organisée sur un terrain militaire près de Bourges, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est rendu sur place afin de réaffirmer sa détermination contre tout «rassemblement musical illégal». «Illégal, j’insiste là-dessus», a-t-il martelé, appelant à un renfort de la pénalisation.
Depuis vendredi, quelque 17.000 personnes participent à une free party qui se tient au Polygone, un champ de tir de la Délégation générale à l’armement. Les organisateurs auraient délibérément choisi ce champ de tir militaire proche de Bourges, ville natale du ministre de l’Intérieur pour protester contre la politique répressive de l’État à l’égard des free parties et une proposition de loi très restrictive en cours d’examen au Parlement. «Cette revendication ne referra que renforcer la détermination du gouvernement à mieux réprimer ces organisations sauvages», prévient-il.
Rave géante dans le Cher : un test pour le ministère de l’Intérieur
«Ces rassemblements sont soumis à des règles juridiques»
Laurent Nuñez a rappelé que l’événement avait un «impact sur un certain nombre de communes avoisinantes», un «très lourd préjudice» pour les agriculteurs, «énormément de stationnements sauvages», «énormément de nuisance pour les riverains», dénonce le ministre. «Vous avez 17.000 personnes, ce qui est extrêmement important, qui arrivent sur un site, sans aucune organisation, qui envahissent un espace, qui créent des nuisances pour les riverains, par ailleurs sur un terrain militaire, dans lequel normalement personne n’a le droit de se rendre», s’insurge-t-il.
Alors que l’événement touche à sa fin, les forces de sécurité ont comptabilisé 33 blessés, dont cinq grave en lien avec la consommation de stupéfiants et déjà 600 verbalisations. Un contrôle systématique pour l’alcool et les stupéfiants a été mis en place et il y aura une «une verbalisation pour tous ceux qui en sortent», notamment pour avoir pénétré un territoire militaire et bravé un arrêté préfectoral. «Ces rassemblements sont soumis à des règles juridiques», souligne Laurent Nuñez, notamment celle d’être «déclaré en préfecture».
Proposition de loi bientôt examinée au Sénat
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, les «organisateurs du Teknival de Bourges» ont expliqué vouloir par cet événement protester contre la proposition de loi 1133 qui veut renforcer la pénalisation des rave parties non déclarées ou interdites. Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 9 avril, elle doit désormais être examinée au Sénat.
Ce texte prévoit une peine de six mois d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende pour sanctionner «le fait de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement» d’une rave party non déclarée ou interdite. La participation à l’organisation de l’événement y est notamment définie comme la «diffusion des informations pratiques» sur le rassemblement, «l’édification du mur de son», ou encore le fait de «transporter du matériel de sonorisation».
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