ce que l’on sait de la rave party près de Bourges sur un terrain militaire


Les forces de l’ordre et des démineurs de la direction générale de l’armement (DGA) ont dû intervenir après la découverte d’un obus à proximité de la route départementale qui traverse le champ de tir, «en bordure du site du Teknival». Quelque 17.000 «teufeurs» étaient encore présents sur les lieux dimanche matin.

La foule a continué à grossir samedi sur le site de la free party géante sur un champ de tir militaire près de Bourges, pour atteindre jusqu’à 40.000 participants en début de soirée et 17.000 personnes ce dimanche matin.

  • Jusqu’à 40.000 participants

Quelque 17.000 personnes étaient encore massées pour une free party géante sur un champ de tir militaire près de Bourges dimanche matin. Les autorités comptabilisaient 20.000 participants samedi matin, mais d’autres ont continué à arriver en vue de la soirée, point d’orgue de ce Teknival 2026 pour de nombreux teufeurs qui entendent autant s’amuser que protester contre le durcissement de la législation contre ces rassemblements techno illégaux. Tekno Anti Rep, un collectif de soutien aux free parties présent sur place, estimait le nombre de festivaliers «entre 35.000 et 40.000».

  • Protester contre la politique répressive de l’État


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Le rassemblement se déroule sur le Polygone, un champ de tir de la Délégation générale de l’armement situé entre Bourges et Cornusse. Créé voici plus d’un siècle, c’est un lieu stratégique de 10.000 hectares sur une douzaine de communes. Il est traversé par des routes qui sont fermées par des barrières lors des essais mais sont accessibles au public le reste du temps. Des panneaux interdisent l’accès au terrain lui-même mais il n’est pas clôturé.

Selon le collectif Tekno Anti Rep, les organisateurs ont délibérément choisi un site proche de Bourges, ville natale du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, pour protester contre la politique répressive de l’État à l’égard des free parties. Il affirme également que «la partie du terrain utilisée (par le festival) n’est pas celle servant aux essais de tirs» de la DGA.

  • Laurent Nuñez attendu sur place

Le ministre de l’Intérieur a fait savoir qu’il allait se rendre sur place, selon les informations de RTL et de BFMTV. Son arrivée sur place est prévue à 11 heures.

  • La découverte d’un obus

Les forces de l’ordre et des démineurs de la direction générale de l’armement (DGA), à laquelle appartient ce site militaire, ont dû intervenir après la découverte d’un obus à proximité de la route départementale qui traverse le champ de tir, «en bordure du site du Teknival», a annoncé la préfecture du Cher. Elle n’a toutefois pas signalé d’incident majeur depuis le début du rassemblement, tôt vendredi matin.

La préfecture du Cher a fait état de 12 blessés légers samedi matin. Le préfet Philippe Le Moing Surzur a également mentionné une personne heurtée par un véhicule. Quarante-cinq pompiers et 30 secouristes de la protection civile restent postés près du Teknival pendant tout l’événement. «On doit pouvoir faire face au pire, et le pire pour nous, ce serait l’explosion d’une munition de la Deuxième Guerre mondiale», dont certaines sont encore enfouies dans les zones boisées bordant la free party, insiste le préfet.


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Sur leurs réseaux sociaux, les organisateurs du Teknival diffusent des pictogrammes appelant les teufeurs à ne pas faire de feu, ne pas creuser et ne pas ramasser d’objets. Au total, 600 gendarmes sont déployés sur 14 points de contrôle en périphérie de la zone, où les premiers teufeurs sont arrivés tôt vendredi matin. Samedi matin, les gendarmes avaient «déjà procédé à 32 verbalisations, en majorité pour détention de stupéfiants, à 26 infractions au code de la route et quatre gardes à vue», selon la préfecture.

  • Vers un renfort de la pénalisation ?

La proposition de loi visant à «renforcer la pénalisation des rave parties» non déclarées ou interdites, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 9 avril, doit désormais être examinée au Sénat. Ce texte porté par la députée Horizons Laetitia Saint-Paul prévoit une peine de six mois d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende pour sanctionner «le fait de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement» d’une rave party non déclarée ou interdite.

La participation à l’organisation de l’événement y est notamment définie comme la «diffusion des informations pratiques» sur le rassemblement, «l’édification du mur de son», ou encore le fait de «transporter du matériel de sonorisation». Actuellement, les organisateurs s’exposent à une contravention de 1500 euros, mais il n’existe pas d’infraction spécifique sanctionnant la participation.



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