Au terme d’une rencontre amicale plutôt maîtrisée, l’équipe de France a logiquement battu le Brésil (2-1) pour lancer sa tournée américaine. Une victoire de prestige qui fait du bien à moins de trois mois du Mondial 2026.
La bronca et des Bleus les mains sur les hanches. Face à des tribunes du Gillette Stadium qui se vident en un instant. L’équipe de France a éteint toute l’excitation du peuple brésilien jeudi, pour le lancement de sa tournée américaine. En s’imposant logiquement face au Brésil (1-2), malgré une infériorité numérique due à l’expulsion de Dayot Upamecano, les hommes de Didier Deschamps ont étalé une sacrée force de caractère pour venir à bout du mythe. Une Seleçao qui, avouons-le, a perdu de son éclat. Mais l’essentiel est là. Le devoir accompli. Les promesses sont là. La victoire de prestige aussi.
Dans cet avant-goût de Coupe du monde, le spectacle est d’abord venu hors du terrain avec un Gillette Stadium, antre de Tom Brady et des Patriots, acquis à la cause du Brésil de Carlo Ancelotti. Il a suffi d’écouter les sifflets descendre des tribunes, teintées de nombreux maillots jaunes, envers les Français lors de leur entrée sur la pelouse et l’acclamation des Brésiliens quelques secondes plus tard lors de l’échauffement. Un amical, le premier depuis onze ans entre les deux nations, disputé à l’extérieur pour l’équipe de France pour le lancement de sa tournée américaine.
Les notes des Bleus contre le Brésil : Mbappé tueur à gages, Ekitiké précieux, Rabiot serein
«Cooling Break» sous 18 degrés, le football du futur
Côté terrain, Didier Deschamps a tenté de surprendre en titularisant Hugo Ekitiké, à la place de Désiré Doué, dans un 4-2-3-1 complété en attaque par Kylian Mbappé, Michael Olise et Ousmane Dembé, placé à droite. Les quatre fantastiques alignés et une volonté claire de proposer du spectacle de la part d’un sélectionneur que l’on ne pourra pas taxer de frilosité sur ce coup-là. Avec des Brésiliens en bleu et des Français… en vert, ainsi va le football en 2026, le premier acte a tourné à l’avantage des vice-champions du monde. Plus de mobilité, plus de maîtrise et surtout plus de talent, face à une Seleçao qui a fait peine à voir dans l’utilisation du ballon lors du premier acte. Les nostalgiques du grand Brésil se sont souvent frotté les yeux face à un tel spectacle.
Brésil-France : Mbappé à une longueur du record de Giroud, Ekitike impitoyable… Les buts en vidéo
Mbappé tout proche de Giroud
Situation dont ont profité les Français, après l’étonnante « Cooling break » (pause fraîcheur) de la 22e minute, alors qu’il faisait 18 degrés, prémisse d’une future Coupe du monde aussi dévolue au spot publicitaire. Lancé en profondeur par Dembélé, après une belle récupération de Tchouaméni, Mbappé ouvrait le score par un somptueux ballon piqué (0-1, 32e), son 56e but en sélection, le rapprochant encore un peu plus du record d’Olivier Giroud (57 réalisations). Chirurgical. Dans la foulée, le capitaine des Bleus a pensé au doublé, après une coquetterie d’Ekitité, très intéressant dans ses remises et sa simplicité, mais n’a pas cadré sa frappe (37e). Les cris «Brasil, Brasil» pouvaient descendre des tribunes, difficile de ressentir quelconque émotion devant cette triste Seleçao.
Les Bleus à 10 quasiment toute la seconde période
Sans doute un peu piqués par Carlo Ancelotti et vexé par une telle indigence, les partenaires de Vinicius ont sorti la tête de l’eau au retour des vestiaires. Une première fois avec une frappe sèche de Luiz Henrique (50e), stoppé par Maignan. Avant que Wesley n’oblige Upamecano à intervenir grossièrement et à écoper d’un carton rouge très logique (54e). Moment choisi par Didier Deschamps pour changer, un peu, ses plans, avec l’entrée de Lacroix (1ère cape) et Kanté aux places de Dembélé et Tchouaméni (57e). Mais le Brésil n’a pas su en profiter. Au contraire des Bleus.
Impliqué sur toute l’action initiée dans le camp français, à l’image de son match convaincant, Ekitiké doublait la mise après une magnifique offrande d’Olise, discret jusque-là (0-2, 65e). Confirmation du poids pris ces derniers mois par le Red de Liverpool, et qui a justifié sa titularisation jeudi du côté de Foxborough. Son billet pour les États-Unis cet été n’est même plus un débat avant la liste du 13 mai. Si le Brésil a sorti un peu la tête de l’eau, avec le but de Bremer (1-2, 78e) consécutif à un relâchement de la défense française, la pression de la Seleçao n’a jamais été insoutenable, même pour des Français réduits à dix. N’oublions pas l’ultime frisson devant le but de Maignan (90+6), pour des Bleus qui ont terminé avec une charnière Konaté-Lacroix, pour le plus grand bonheur du FC Sochaux.
Ne pas galvauder une victoire contre le Brésil
À moins de trois mois de la Coupe du monde, la photographie actuelle laisse entrevoir une équipe de France joueuse, prometteuse et bien plus fournie, avec un réservoir offensif qui ferait rêver Carlo Ancelotti. Et de l’autre côté, une sélection brésilienne encore très loin de pouvoir faire lever les foules. Le chantier est immense pour les quintuples champions du monde. Les Bleus s’en contrefichent, et ils ont bien raison. Battre le Brésil – une première depuis février 2011– n’est jamais un résultat à galvauder. Encore moins anodin. Même dans une rencontre amicale. La tournée américaine est bien lancée.
Poster un Commentaire