Dans le monde de Marion Fayolle (née en 1988), les hommes se font kidnapper par des soucoupes volantes en forme de vulves géantes, les couples batifolent à deux ou plus si affinités, les têtes se tamponnent comme des autos à la fête foraine, les langues embrassent et glissent comme des toboggans… Bref, on se cherche et se séduit, et surtout on s’aime et on s’unit comme des Aimants, titre de son dernier recueil de dessins tout juste paru aux éditions du Tripode.
Après La Tendresse des pierres (2013), Les Coquins (2014), Les Amours suspendues (qui lui a valu le prix spécial du jury du Festival d’Angoulême en 2018) ou encore le très beau Les Petits (2020), Marion Fayolle poursuit son exploration du sentiment amoureux, du désir et du couple dans ce petit livre illustré qui, comme toujours dans son travail de dessinatrice et de romancière, fait la part belle à la fantaisie, à l’humour et au rêve.
Exploration dessinée de l’amour

Marion Fayolle, Les Aimants, 2026
Illustration dessin • Ed. Le Tripode
À la manière d’une chanson sans parole, Les Aimants raconte en images l’amour sous toutes ses formes : sa beauté, sa légèreté, sa sincérité, mais aussi toute son ambiguïté. Car Marion Fayolle dessine aussi bien l’amour qui réunit et donne des ailes que celui qui questionne, voire enferme. Au fil des pages, son trait éminemment délicat donne ainsi vie à de savoureuses saynètes que l’on picore à la façon de fragments d’un discours amoureux et qui forment un petit théâtre de l’absurde à l’universalité troublante, joyeusement surréaliste.
Un deuxième roman bouleversant
Après Du même bois (2024), Marion Fayolle publie aussi, en cette rentrée littéraire hivernale, son deuxième roman chez Gallimard, Petit Fruit. Il raconte l’histoire d’une femme prisonnière de sa solitude, confrontée à son désir d’enfant, que les mots de son mari ne parviennent pas à apaiser. Jusqu’à l’arrivée d’un mystérieux inconnu, qui vient troubler son quotidien et son chagrin… Un récit sensible et bouleversant, qui touche droit au cœur et où chaque mot vaut mille images.
Par Marion Fayolle
Par Marion Fayolle
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