une aile menace de s’effondrer, un appel aux dons lancé


Rien ne va plus à Chambord. Si le plus grand des châteaux de la Loire — et le deuxième le plus visité de France, avec 1,2 million de visiteurs par an — brille comme toujours de mille feux pendant les fêtes, cette apparence féerique masque une situation critique. Le 19 septembre dernier, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le monument classé au patrimoine mondial de l’UNESCO a lancé un vaste appel aux dons afin de sauver son aile François Ier, menacée d’effondrement.

« Chambord a besoin de vous », « Sauvez l’aile François Ier, devenez l’ange gardien du patrimoine » : sur les affiches, le roi François Ier, peint par Jean Clouet, pose en habits de soie, une larme à l’œil. Construite entre 1538 et 1545, l’aile qui abrite les appartements privés du roi et la salle du Conseil est totalement fermée au public depuis l’été 2025, après plusieurs fermetures partielles engagées dès 2019, à mesure que fissures et gravats étaient découverts.

« C’est comme si les murs avaient une scoliose »

À l’intérieur, des étais en bois soutiennent portes, fenêtres et cheminées. Pierres désolidarisées, fissures : les murs présentent un tableau inquiétant, qui ne cesse de se dégrader. La façade, en particulier, se déforme dangereusement. « C’est comme si les murs avaient une scoliose », explique Maël de Quelen, architecte en chef des monuments historiques, cité dans un reportage de Libération publié le 20 décembre.

L’aile François I<sup>er</sup> du château de Chambord

L’aile François Ier du château de Chambord, 2025




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La cause de ces désordres structurels ? Des défauts de construction : malgré leur épaisseur d’un mètre, les murs sont trop fins pour supporter le poids de la charpente, qui exerce une pression constante et les fait ployer. À cela s’ajoutent « les effets du dérèglement climatique », souligne le domaine national de Chambord dans un communiqué daté du 19 décembre : les sécheresses répétées et les inondations provoquent des mouvements de sol, ainsi que la rétractation de la pierre et du bois.

Les alertes se sont multipliées au fil des ans. En 2003, six visiteurs étaient passés au travers du plancher de la tour Robert-de-Parme, sans blessures graves. En 2023, la Cour des comptes pointait l’état « préoccupant » du château. Ce dernier a également fait face à des invasions d’insectes dûes aux failles dans ses parois, ainsi qu’à l’effondrement, le 19 décembre dernier, d’une portion de son mur d’enceinte, dont la restauration commencera début 2026.

Une fermeture jusqu’en 2032 (au moins)

Pour éviter la ruine de l’aile François Ier, la Fondation du patrimoine a annoncé un soutien de 1,38 million d’euros. Au 20 décembre, 327 182 euros avaient été collectés grâce à près de 2 900 dons, auxquels s’ajoutent des financements de l’État et du domaine national. Mais ces sommes restent très insuffisantes face à des travaux estimés à 37 millions d’euros. Dans le meilleur des cas, l’aile ne pourra rouvrir au public qu’à l’horizon 2032.


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Domaine national de Chambord





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