Deux amoureux enlacés s’embrassent… Leur étreinte est si fusionnelle que les amants ne forment qu’un seul monolithe aux lignes épurées. Cette œuvre émouvante, Le Baiser (1907) du sculpteur franco-roumain Constantin Brancusi (1876–1957), existe en une quarantaine de versions. Si ces dernières s’admirent généralement dans des musées, l’une d’entre elles se dresse dans un endroit inattendu : au sommet de la stèle d’une tombe au cimetière du Montparnasse, dans le XIVe arrondissement de Paris…
Étrange de bout en bout, son histoire commence par un événement tragique. Un jour de pluie torrentielle, fin novembre 1910, une étudiante russe en médecine de 23 ans, du nom de Tatiana (dite Tania) Rachevskaïa, est découverte pendue dans sa chambre du boulevard de Port-Royal. Qui était cette mystérieuse jeune femme, dont on raconte qu’elle était parente de l’écrivain Tolstoï ?

La photo de Tania Rachevskaïa posée sur sa tombe au cimetière du Montparnasse
© UtCon Collection / Alamy / Hemis
Elle « avait été en prison, puis était partie pour Paris et s’était inscrite à la Faculté de médecine », racontera l’écrivain Ilya Ehrenbourg en 1962 dans un roman autobiographique, Les Années et les hommes. Une fois arrivée dans la Ville lumière, la jeune immigrée est tombée passionnément amoureuse d’un médecin d’origine roumaine, Solomon Marbais, qui est devenu son amant. Est-ce par chagrin d’amour qu’elle s’est ôtée la vie ? Quoi qu’il en soit, ce docteur va lui rendre hommage avec un geste unique.
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