À Lausanne, Photo Élysée rassemble 66 jeune photographes de la Gen Z


En bikini, Isabella Madrid sourit, son corps cambré, son visage peint en doré, ses lèvres rouges. Derrière elle, un cheval parade en plein ranch. Originaire de Colombie, la photographe diplômée de l’ECAL déconstruit, au moyen d’autoportraits kitsch, les injonctions contradictoires imposées aux femmes de son pays – sensuelles mais virginales, fortes mais soumises – pour s’en arracher.

À Photo Élysée, 66 photographes s’emparent des cimaises pour « Gen Z. Un nouveau regard ». Au cœur du projet, une volonté de « faire masse » en donnant la parole à des artistes internationaux nés entre 1992 et 2010, en réponse à l’exposition « reGeneration » qui proposait déjà, il y a 20 ans, un panorama de la jeune création de l’époque.

Un récit initiatique en quatre temps

Isabella Madrid, « Self-portrait with horse » de la série Buena Bonita y Barata

Isabella Madrid, « Self-portrait with horse » de la série Buena Bonita y Barata, 2024

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Phtographie • © Isabelle Madrid / ECAL

Pensé en quatre chapitres, le parcours s’intéresse, cette fois, particulièrement à l’humain, de son évolution au sein d’un foyer à sa découverte du monde extérieur. D’un espace à l’autre, les revendications politiques, l’attention portée à la santé mentale et la recherche de regards minoritaires en marge d’une culture dominante se succèdent et forment les étapes d’un récit initiatique.

Des pièces confinées de la maison (Francesca Hummler, Cheryl Mukherji, Sara de Brito Faustino) aux luttes qui prennent vie dehors (Thaddé Comar, Alice Pallot, Daniel Obasi) en passant par l’acceptation de soi la plus totale (Laurence Philomène, Pia-Paulina Guilmoth, Matthieu Croizier), la Gen Z impose ainsi un tour d’horizon des thématiques qui l’animent. Autant d’enjeux devenus universels grâce à la libre circulation des images et leur omniprésence sur les réseaux sociaux.

Le corps pour symbole

Ces engagements se cristallisent sur un sujet particulier : le corps. Devenu symbole, celui-ci se fige dans des positions tendres lorsque la Nigériane Rachel Seidu réinvente une masculinité queer libérée. Il s’habille ensuite d’une poésie féroce dans les collages de Mahalia Taje Giotto, dont les déchirures illustrent la non-binarité, et va même jusqu’à se fantasmer, dans les visuels de Salomé Gomis-Trezise, qui utilise l’intelligence artificielle pour imaginer une blackness fière et reconnue.

Laurence Philomène, Paint me like one of our pre-raphaelite boy-girls

Laurence Philomène, Paint me like one of our pre-raphaelite boy-girls, 2019

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Photographie • © Laurence Philomène

Consciente de l’impact d’une fracture générationnelle devenue source de révolte, la Gen Z s’affranchit, par la photographie, des carcans du réel pour mieux en déconstruire les structures. Écrivant elle-même les fictions qu’elle voudrait voir exister, elle s’aide des outils à sa disposition pour faire rayonner et résonner ses œuvres. Une voix collective qui souligne la nécessité d’une évolution.

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Gen Z. Un nouveau regard

Du 19 septembre 2025 au 1 février 2026

elysee.ch





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