Amrita Sher-Gil, la Frida Kahlo indienne


Portrait de l’artiste Amrita Sher Gil

Portrait de l’artiste Amrita Sher Gil, 1936

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photographie • © Wikimedia Commons

Éteinte prématurément à l’âge de 28 ans, Amrita Sher-Gil (1913–1941) fait partie de ces étoiles filantes de l’art dont l’œuvre lumineuse a éclairé des générations d’artistes. À tel point que depuis 2008, un cratère de la planète Mercure a été baptisé en son honneur ! C’est à Budapest, en Hongrie, que l’artiste naît des amours d’une mère chanteuse d’opéra juive hongroise avec un aristocrate sikh. Très tôt, dans ce milieu bourgeois, la petite peint. Quand elle a 8 ans, la famille déménage en Inde, dans l’Himalaya. À 16 ans, direction Paris !

« Je ne peux peindre qu’en Inde, confie-t-elle. L’Europe appartient à Picasso, Matisse, Braque… L’Inde est à moi ! »

À la Grande Chaumière, dans le quartier de Montparnasse, puis à l’École des beaux-arts, qu’elle intègre en 1929, Amrita Sher-Gil peaufine son art. En 1932, elle obtient une première reconnaissance avec Jeunes filles qui dépeint sa sœur Indira et son amie Denise Prouteaux, laquelle apparaît seins nus. L’année suivante, la toile figure au Salon ! Mais elle veut revenir à ses racines.

Rentrée en Inde en 1934, elle adopte le sari et plonge dans la culture du pays, dont elle fera sa matière : « Je ne peux peindre qu’en Inde, confie-t-elle. L’Europe appartient à Picasso, Matisse, Braque… L’Inde est à moi ! » En 1938, elle épouse son cousin germain hongrois, tout en entretenant des liaisons extraconjugales, tant avec des hommes qu’avec des femmes. Le couple s’installe à Saraya, dans l’Uttar Pradesh, ce qui lui inspire des scènes de la vie rurale. Désormais, on parle d’elle comme l’une des plus grandes peintres du siècle ! En décembre 1941, à la veille d’une grande exposition à Lahore (actuel Pakistan), elle tombe subitement malade, puis sombre en quelques heures dans un coma dont la jeune fille de 28 ans ne se réveillera jamais.

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Son œuvre

Nus, natures mortes, portraits… Dans le bouillonnement artistique bohème de Paris, elle observe attentivement la manière de Cézanne et de Gauguin, et ses premiers tableaux en sont fortement influencés. De retour en terre natale, son style évolue. Souvent comparé à la Mexicaine Frida Kahlo, Amrita Sher-Gil a elle-aussi exploré son identité en multipliant les autoportraits. Elle dépeint également la vie intime des Indiens de la campagne, en particulier celle des femmes dont elle montre la toilette et les préparatifs avant le mariage.



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